|
|
|
|
Info Pousseurs • mars 2026
|
Vouloir, c'est pouvoir !
|
|
|
|
Il parait que vouloir arriver, c'est avoir fait déjà la moitié du chemin. Nous en avons eu encore l'éclatante démonstration lors de notre voyage de février dernier. Ce voyage, nous l'attendions avec impatience. Nous allions découvrir notre réalisation principale de 2025, l'école de Bouladé qui nous laissera des impressions mitigées, puis revoir Wélou et sa directrice qui nous avait tant impressionné l'année dernière et enfin découvrir des nouveaux projets potentiels (avec des énergies villageoises fantastiques) qu'allait nous présenter notre ami Paul, le responsable de la région de Kara.
|
|
|
|
|
|
L'école de Bouladé
|
|
Devant la nouvelle école
|
Nous montons au village le dimanche. Il n'y a pas d'école ce jour-là et parents et enfants nous attendent. La construction a été un peu difficile. Rappelez-vous : le chef du CVD* était parti à la Mecque en plein milieu du chantier, il y avait eu un problème de latérite... bref ! Cela avait été un peu tendu pour Didier. Mais l'école est construite et les enfants pourront étudier dans de bonnes conditions. C'est bien et c'est l'essentiel. Il y a maintenant un beau bâtiment fonctionnel et tout va bien... ou presque. Et c'est justement ce presque que nous découvrons.
|
|
*Comité de Développement Villageois
|
|
|
Quelques élèves, très fiers de leur école
|
Les villageois nous exposent leur doléances. Ils se plaignent notamment du manque de solidité de certaines tables-bancs*. En fait ces petits bureaux ont été transportés par la route de Dapaong et les cahots et secousses les ont fragilisés. Mais pour certains, cela nécessiterait juste de revisser des vis. Ces meubles sont donc actuellement entassés, inutilisés dans le fond d'une classe en attendant... C'est frustrant !
|
|
*Bureau d'écolier fait d'une seule pièce
|
|
|
Conseil sous le manguier
|
Dans la cour, alors que le chantier est fini depuis plus de six mois, des gravas restent en tas au milieu. Pourquoi ne pas les avoir enlevés ? Cela n'a rien à faire dans une cour de récréation où ce peut être source d'accident.
|
|
Une cour d'école encombrée
|
|
Et puis enfin, alors que dans les précédentes situations, les bâtiments remplacés étaient retapés (car il n'y a jamais assez de structures), celui de Bouladé est laissé à l'abandon et n’attend que le prochain orage pour s'écrouler.
|
|
|
L'ancienne école est prête à tomber
|
|
Une impression de passivité générale prend donc rapidement le dessus sur le plaisir de découvrir la jolie construction réalisée.
|
|
Notre déception devant la situation est probablement accentuée par la fatigue du voyage de la veille et, soyons juste, les villageois ont aussi des excuses. Nos amis togolais nous expliquent en effet que certaines ONG, à l'opposé de notre mantra qui est donnant-donnant, veulent tout gérer de A jusqu'à Z. Clairement à Bouladé les villageois ne se sont pas appropriés leur école ce qui est essentiel pour la pérennité de celle-ci.
|
|
|
Les femmes sont plus discrètes dans ce village peul
|
C'est un village où dès le début, la communication et l’identification des leaders de la population ont été difficiles. Ce village peul ne parlant pas français, tout a été fait à travers d'interprètes ce qui n'est pas l'idéal pour une bonne communication.
|
|
Le constat est mitigé mais c’était aussi notre première expérience dans la région de Kara. Malgré tout, l'élément positif et essentiel à retenir est que l'école est construite et qu'une centaine d'élèves ont maintenant un toit pour accéder à une éducation de base. L'objectif final est donc atteint !
|
|
|
|
Welou, un rayon de soleil
|
|
Heureusement toute la suite de notre voyage va nous rendre le sourire et notre enthousiasme. Nous allons découvrir une énergie et des communautés exceptionnelles dans plusieurs villages.
|
|
|
Avec Judith devant la maternelle
|
|
Nous somme maintenant à Wélou pour rencontrer Judith, la directrice de la maternelle qui nous a tant impressionné l'année dernière. À Wélou, il y a 65 enfants en maternelle (ils étaient 60 l’année dernière et 40 l’année précédente). Nous avons rencontré des parents qui ont bien compris le principe de participation villageoise sous forme de main-d’œuvre. Tous parlant français, nous avons pu échanger librement et facilement avec eux.
|
|
|
Patrick avec le chef de village
|
Par chance le responsable de la DRE* était de passage et nous avait rejoint sous le manguier (oui, c'est souvent là qu'ont lieu les réunions 😊). Le DRE souhaitait un engagement écrit des villageois afin que ceux-ci ne puissent esquiver leurs responsabilités.
|
|
*Direction Régionale de l'Éducation
|
|
|
Cérémonie d'implantation du site (cliquer sur l'image)
|
|
Nous avons retrouvé Judith toujours aussi déterminée et avons vite réalisé qu'avec une seule classe, la maternelle va exploser. Il faudra donc construire deux classes. C'est un village où cela va vite et à l'heure où nous écrivons ce billet le chantier est déjà bien démarré : les fondations sont faites et les murs ont commencé à monter.
|
|
|
Aperçu du chantier et du CVD à l’œuvre (cliquer sur l'image)
|
|
|
Seyo, un village étonnant
|
|
Pause du matin pour les enfants
|
Seyo est un village impressionnant. C'est la récré et le goûter du matin lorsque nous arrivons. Spontanément, les enfants nous offrent de partager leur quignon de pain. Nous n'avons jamais vu cela 😲. On leur apprend le partage et l’accueil ou c'est naturel ? Il y a deux bâtiments de primaire et un apatam* qui sert de maternelle pour les 75 enfants.
|
|
*abri sommaire avec un toit
|
|
|
La maternelle sous le manguier
|
|
Avec tous ces enfants, clairement le village a besoin d'une maternelle, car la classe se fait en partie sous le manguier et en partie dans l'apatam construit par les parents. Comment faire une éducation de qualité dans ces conditions ? Et on ne parle même pas du risque des piqures de scorpions !
|
|
|
Sous l'apatam
|
|
Seyo a la chance d'avoir un forage et une belle cantine avec un jardin dédié à celle-ci. Nous sommes impressionnés par cette cantine qui est propre et soignée avec des foyers impeccables
|
|
|
Les « dames de la cantine »
|
|
Seyo est un village étonnant à plus d'un titre. Tout le monde semble parler français. Si certains parents ne sont pas là c'est parce qu’ils s'occupent du jardin communautaire. Le village est soigné, la cour de récréation est impeccable (et pourtant les enfants ont tous de la pâte* dans des poches en plastique à la main), L'ensemble dégage une impression de dynamisme et de détermination. On ne peut s'empêcher de penser qu'il y a une bonne équipe leader à la clé qui donne l’impulsion.
|
|
*Repas traditionnel togolais fait à partir de maïs
|
|
|
|
Lassa-Lao un autre village volontaire
|
|
138 enfants au jardin d'enfants 😲
|
|
Sur la photo ci-dessus vous remarquerez comme la classe est très décorée. Même avec des moyens de fortune les professeurs montrent des trésors d'ingéniosité pour faire faire du bricolage aux petits et les éveiller.
|
|
Lassa-Lao est un très gros campus (trois villages réunis soit 1300 personnes) qui possède plusieurs bâtiments mais pas vraiment de maternelle malgré un nombre important d'enfants au jardin d'enfants. Les parents ont construit il y a trois ans un bâtiment pour les abriter. Toutefois celui-ci a de nombreux inconvénients : pas assez aéré, claustras non adaptés, hauteur de toit insuffisante... Mais il est là et est construit avec la bonne orientation et des fondations. Il devrait être possible de le rénover avec un coût acceptable.
|
|
|
Maternelle actuelle de Lassa-Lao
|
|
|
Et d'autres encore...
|
|
Nous visiterons quelques autres sites avec des besoins tout autant justifiés. Dans l'un d'eux un embryon de maternelle a été construit mais mal orienté et il fallait repartir de zéro, dans un autre personne ne parlait français, ni le chef de village ni le CDV, ni le président des parents d'élèves. Les besoins sont toujours prégnants et toujours authentiques. Mais nous sommes tenus par nos budgets et il faut malheureusement choisir et donc laisser tomber des villages. C'est toujours difficile : mais pourquoi donc un enfant plutôt qu'un autre aurait-il le droit d'aller à l'école dans de bonnes conditions ?
|
|
|
Attention les oreilles ! (cliquer sur l'image)
|
|
|
|
À l'heure où nous publions ce billet les décisions sont en partie prises, mais c'est bien difficile : une ou deux classes à Wélou ? Et Seyo mérite bien sa maternelle, ce serait un juste retour des efforts des parents et de leur investissement. Mais alors, ce village de Samala-ba a aussi fait l'effort de commencer un bâtiment... Les fonds ne sont pas toujours au rendez-vous
|
|
|
|
Formation CFA/CAP
|
Il s'agit d'un deuxième projet fort pour 2026. Comme vous l'avez lu dans un billet précédent, la recherche de l'or fait des ravages chez les jeunes qui se déscolarisent. Cela faisait un moment que nous cherchions un moyen pour aider ces jeunes, en échec scolaire, à apprendre un métier à fort débouché. Nous souhaitons aider en priorité ceux en situation précaire, ceux que, là-bas, on appelle les « démunis ».
|
|
|
Amidou, la première candidate
|
|
Deux diplômes reconnus permettent aux jeunes de rentrer dans le monde du travail, le CFA (Certificat de Fin d'Apprentissage) et le CAP que nous connaissons en France. Notre but serait donc d'identifier les démunis et financer la formation de ces jeunes, un peu perdus, qui ne savent ni s'orienter si comment commencer un cursus.
|
|
C'est un beau projet qui rejoint parfaitement l'ADN de coup de pousse : éduquer, sensibiliser, former.
|
|
On vous donne plus de détails dans le prochain billet !
|
|
|
|
|
|
|
Comme d’habitude nous sommes rentrés gonflés à bloc de ce voyage et avec beaucoup d'idées en tête. Mais comme toujours il faut faire le budget, de plus en plus serré. Nous n'irons pas plus avant dans nos actions à Bouladé malgré les demandes des villageois car avec la même énergie nous pouvons faire beaucoup plus ailleurs. Apprenons de nos erreurs et de cette première expérience à Kara. Mais Wélou aura sa maternelle de deux classes et nous rénoverons la maternelle de Lassa-Lao. Toutefois la trésorerie ne permet pas encore à de construire la celle de Seyo et c'est un crève-cœur. Une levée de fonds est projetée mais rien n'est sûr.
|
On vous raconte la suite dans le prochain billet. Nous vous en dira plus également sur ce passionnant projet de formation mené conjointement avec Didier et son épouse Patricia.
|
À suivre...
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|