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Info Pousseurs • juin 2026

Le monde ne va pas si mal !

Un monde qui gronde, des certitudes ébranlées et des valeurs qui vacillent de-ci de-là, voilà qui pourrait nous faire douter de l'âme humaine. Heureusement, il y a des bonnes nouvelles, celles dont on ne parle pas et qui vous boostent le moral *. Ainsi notre maternelle de Wélou se termine et les bambins de Judith, leur institutrice, seront à l'abri à la rentrée prochaine. On a aussi vite réparé les effets de la vilaine tornade qui a essayé de décoiffer nos écoles. Et puis encore, notre opération CFA/CAP pour aider les plus démunis, a le vent en poupe. Enfin, cinq traileurs généreux vont courir à l’occasion de Belle-Île-en-trail en septembre pour collecter des fonds et construire une nouvelle maternelle à Seyo.
Oui, parfois il faut y croire !

*lire: « Le monde va mieux, 40 infos qu'on ne vous donne jamais » de Pierre Le Roy

Les écoles...

Wélou, une maternelle en devenir !

Nous l'avions promis à Judith, alors nous l'avons fait et cela va tellement vite qu'à l'heure où nous écrivons ces lignes, l'école est sans doute terminée.

Tout le monde met la main à la pâte... (cliquer sur la photo pour participer 🤭)

Les problèmes qu'a dû surmonter Didier :
  • La population, mal informée, au début, a boudé le chantier. En effet le principe du donnant-donnant n'avait pas été expliqué clairement par les chefs et le corps enseignant. Les villageois croyant que CDP avait tout payé pensaient qu'ils étaient « utilisés » gratuitement. Mais une fois le malentendu dissipé, les villageois étaient motivés et les THIMO* ont très bien démarré. L'équipe a même été gérée de façon fantastique par le comité de développement villageois et le responsable du comité des jeunes ;
  • Le coût du ciment n'arrête pas de monter et cela commence à avoir un impact sur nos budgets. Ce prix était de 82 000 FCFA le sac en début de chantier et à près de 100 000 FCFA quelques semaines plus tard ;
*Travaux à Haute Intensité de Main d'Œuvre

Presque terminé !

  • La main d’œuvre devient introuvable et très chère même si peu qualifiée. Le phénomène de l'orpaillage (cf ici) continue à faire des ravages et c'est de pire en pire. Les bras valides partent tous. Didier n'arrive pas à trouver de maçons pour les travaux et les seuls qui restent sont chers.

Toiture posée ! Plus que les finitions à faire

Mais Didier est un magicien, alors les murs ont continué à monter, monter et maintenant les fermes de la charpente sont en train d'être posées. À la rentrée prochaine les petits de Wélou seront enfin dans un bâtiment d'école digne de ce nom.

Ps : le temps qu'on mette sous presse, effectivement la toiture a été terminée. Pfff ! À peine le temps d'écrire... 🤭 !

Dokpolounok sous la tornade

Chargement vers Dokpolounok

Inaugurée en 2022 par coup de pousse, l'école de Dokpolounok a été endommagée par une tornade qui a sévi dans la Région des Savanes et fait pas mal de dégâts. Une partie du toit, un tiers à peu près, a été arrachée par le vent.
Mais Didier est toujours très réactif, et alors hop ! Il a vite organisé le transport de poutres et de tôles vers le village et très rapidement le toit a été réparé.

La classe « décoiffée » est en cours de réparation

Le projet de formation CFA/CAP

Ce projet avance à grands pas.
Rappel : l'idée est d'aider des jeunes
« démunis » (cad qui n'ont plus aucun support familial et en échec scolaire) à se former afin de trouver du travail.
Plusieurs jeunes ont été sélectionnés. Laissez-nous vous les présenter :
  • Ange Adjeti Leleda, 20 ans (Kara). Adjeti est orpheline de père et mère. Elle a quitté l'école en seconde, suite a une grossesse. Elle vit avec son enfant au village chez sa grande mère. Pour l’instant, elle aide celle-ci aux travaux champêtre. Son projet est d'être staffeuse. Un staffeur réalise des éléments décoratifs ou architecturaux en plâtre. C'est un métier très en vogue au Togo mais plus généralement masculin ;
Une image de…

Cliquez sur la photo d'Ange pour découvrir le métier de staffeur

  • Nadège Ppariki 19 ans (Kara). Nadège a quitté l'école à la suite d'une grossesse en cours (le père est en 1re). Orpheline de père, sa mère est remariée et le beau-père ne veut pas d'elle à la maison. Elle vit avec son frère, apprenti maçon, qui a loué une petite chambre. Elle souhaite apprendre la couture ;

Nadège au travail

  • Solim N’bafeï, âge inconnu (Kara). Solim a une histoire des plus tragiques. A une fille de 3 ans, mère décédée avant cette naissance, père alcoolique qui ne rentre que pour frapper sa fille même lorsqu’elle était enceinte. Solim fait des petits boulots et ne survit que grâce à la charité d'une religieuse. Quand celle-ci est affectée dans un autre région, l'aide cesse. Paul la rencontre alors qu'elle mendie devant une mosquée. Elle veut être couturière ;
  • Pali Piyalo, 22 ans (Kara). Grâce à l'aide de Paul depuis deux ans, elle est dans sa troisième année et passe le CFA en septembre prochain. Père décédé, mère aveugle et frappé d'un AVC et sans soins au village dans la montagne. Subsiste grâce à la charité de sa patronne qui la loge et à celle de Paul qui lui donne de quoi manger chaque mois ;
  • Amidou Awa, 17 ans (Dapaong). Amidou est actuellement en formation au CEDAF (coopérative des tisserandes de Dapaong). Son père a été enlevé par des djihadistes et sa mère est au village, malade. Elle a besoin d'une bourse pour subsister. Elle voudrait passer le CFA.
Ces jeunes ont très envie de réussir et de s'en sortir. Notre but est de les aider à obtenir l'un des deux diplômes reconnus pour entrer dans le monde du travail, le CFA (Certificat de Fin d'Apprentissage) et le CAP que nous connaissons en France. Nous les accompagnons en prenant en charge les frais d'inscriptions et en les aidant finacièrement sur trois ans, soit un total de 200/300 € par personne sur les trois ans.
Il suffit quelque fois d'un petit coup de pousse pour y arriver. On leur donne ?

Les traileurs récidivent !

C'est devenu un RDV bisannuel depuis maintenant douze ans : le 19 septembre le trail de Belle-Île verra cinq traileurs courir pour lever des fonds pour l’association.
Dans notre info-pousseurs de mars dernier, nous vous avions parlé du village de Seyo, un village comme on les aime, avec des leaders volontaires et décidés. Et comme maintenant, Wélou qui était une de nos priorités, a sa maternelle de deux classes, nous pouvons envisager un nouveau projet.
Rappelez-vous : 75 enfants de maternelle entassés dans un apatam* construit par les parents. Nos coureurs généreux vont donc lever des fonds pour construire un bâtiment d'une ou deux classes (suivant les fonds récoltés). Leur page de levée de fonds sera mise en ligne cet été.

*abri sommaire avec un toit

Seyo, la maternelle actuelle

Voilà toutes les nouvelles récentes du Togo nous concernant. Nous espérons y retourner en automne et rapporter des photos de Wélou et faire connaissance des candidates du projet CAP/CFA. Puis, qui sait, remonter à Dapaong dans la Région des Savanes pour voir où en sont nos écolières et écoliers ?

À suivre...

Sep-faireundon
vagues
RedactriceFlorence
Et toujours + actu : http://cdpousse.org/le-blog
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