Construction d’une école

Notre mission est d’aider les enfants togolais à accéder à l’éducation. Une partie de notre activité consiste donc à leur construire des écoles : maternelles, EPP (école primaire publique) et collège. Au total nous avons construit 7 maternelles, 7 EPP et 1 collège.

Dans la Brève n°9, nous vous expliquions le principe de SavaFabrik. Alors aujourd’hui, nous vous emmenons sur le terrain pour vous montrer comment cela se passe pratiquement.

Découvrez ici en image la construction d’un bâtiment scolaire, aujourd’hui l’école primaire de Kpark, commencée en février et déjà bien avancée.

Assemblée villageoise à Kpark

En préambule

Première étape : « choisir » le village. Dans les faits, maintenant notre réputation nous précède et ce sont les villages qui viennent vers nous en nous demandant de leur construire un bâtiment scolaire.

Étude des difficultés et organisation des groupes de travail

Deux conditions principales pour retenir le village :
sentir une forte mobilisation villageoise afin de pouvoir appliquer notre politique maintenant éprouvée du « donnant-donnant »
le village doit être proche de Dapaong, notre base, afin de ne pas nous éparpiller dans toute la savane.

Apatame après la saison des pluies : tout est à refaire
Apatame amélioré un peu plus solide mais sans aucune aération

Ensuite, un rapide état des lieux est dressé pour savoir ce dont le village a besoin. La plupart du temps les villages n’ont que des apatames (abris sommaires) qu’il faut reconstruire à chaque saison des pluies. Parfois ils sont améliorés avec des toits en tôle. Alors comme vous le devinez, les enfants étudient dans des conditions effroyables de chaleur et le matériel pédagogique est toujours notoirement insuffisant.

Mais passons à la pratique. À vos pelles et vos pioches !

Les fondations

Les fondations

Pas de bulldozer ni de marteau-piqueur dans les villages. C’est à la pelle et à la pioche que les fondations sont creusées. Et le terrain est toujours très, très, mais alors très caillouteux.

Un travail de terrassement difficile physiquement

Les villageois travaillent très dur pour construire l’école de leurs enfants. Ils s’en sentent responsables. C’est leur école qu’ils construisent. Le chantier est une phase indispensable de l’appropriation du bâtiment.

Pose des coffrages en parpaing
Renfort des remblais

Voilà, les fondations sont faites ! Maintenant il faut les combler avec des cailloux. On les apporte dans des bassines, sur la tête, comme on peut et c’est le travail des femmes habituellement.

Un autre long travail communautaire

On fait une pause ?

Pas facile de danser avec un enfant dans le dos !
C’est l’heure de l’apéro avec le tchapalo, bière locale

Les murs

Passons à la fabrique des briques maintenant pour faire les murs. Elles sont faites à l’aide de latérite, les hommes remplissent les bassines et les femmes transportent.

Allez, on y va !

Les briques sont fournies par SavaFabrik. Elles sont fabriquées une par une par des maçons pris parmi des villageois. Ceux-ci sont formés par nos soins à la fabrication des briques de terre compressée, sous supervision de notre équipe locale.

Fabrique des briques
La presse manuelle

Bon, hé bien maintenant il faut s’en servir de ces jolies briques !

Et le bâtiment monte…

On utilise rarement la latérite pour combler le sol des classes. Dans le cas de Kpark, c’est sans doute parce qu’il leur en restait qu’on en voit ici sur le sol.

Voilà ce que cela donne :

Sol avant cimentage

Et les murs montent toujours. Le bâtiment prend forme…

On commence à y croire !

Les claustras

Bientôt les claustras sont posées. Les éléments sont faits sur place, un à un.

Grâce à ces claustras les enfants et les enseignants bénéficient d’une certaine « fraîcheur » pendant les cours. Mais cette relative fraîcheur est aussi garantie par l’habileté et le savoir-faire de l’entrepreneur. Ainsi à Nagou, les deux bâtiments d’école n’ont pas été construits pas la même entreprise. En passant de l’un à l’autre, on sent réellement à l’intérieur une différence de température (celui de coup de pousse était plus tempéré 💪). Simplement en jouant sur la différence de hauteur des murs du bâtiment, cela crée une sorte d’assymétrie qui provoque des mouvements d’air permanents.

La première session de ce cours de BTP togolaise en distenciel s’achève 😊.

Presque fini !

La suite…

Il y a encore les pignons et le toit à faire, le sol à cimenter et enfin à la peindre pour que l’école soit jolie. Il ne restera plus qu’à l’inaugurer ce qui fera l’objet d’une belle fête qui se passera avec ou sans nous. Avec, on espère !

Cette école de Kpark est presque terminée mais le plus difficile est encore à faire : assurer à ces enfants une éducation de qualité avec du matériel scolaire adapté qui leur permettra de prétendre eux aussi à un futur meilleur.

Un beau sourire un peu espiègle mais confiant dans l’avenir

À bientôt…

Ps : pas trop de courbatures ? 😁


1 commentaire

Guilhem catherine · 26 mars 2021 à 19 h 36 min

Bravo pour ces messages , ces réalisations – on sent un optimisme , une énergie , une envie et une joie de travailler ensemble bien loin de l’atmoephere anxiogène de l’europe … c’est eux qui sont jeunes et plein de vie et nous on est vieux, amers et tout rabougris – merci coup de pousse de nous reveiller

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *